Il y a quelques années, Richard Venlet a lancé l’idée de reconstruire la Terrasse-Ecriture de l’écrivain Herman Teirlinck. L’objectif était de réédifier ce pavillon le plus fidèlement possible, selon les plans de l’architecte Jan Maes, petit fils d’Herman Teirlinck.
Les reconstructions sont des tâches périlleuses. Elles ont ceci de commun avec la construction qu'elles engagent une relation avec la réalité, le monde. Le plan, les outils et l’intention de l’architecture construite sont traduits dans la structure. En rebâtissant une reconstruction, on charge intrinsèquement la construction de signification : pourquoi rebâtir à nouveau quelque chose ? Pourquoi reconsidérer une décision après une démolition ? Y a-t-il une révision du jugement?
La marche du temps a t-elle si fondamentalement renforcé l’intérêt de ce qui a été démoli, qu’une seconde entreprise de construction doit être envisagée ?.../... Des documents démontrent que ces dernières années, il y eut plusieurs essais et initiatives pour reconstruire la Terrasse-Ecriture d’Herman Teirlinck. Richard Venlet a relancé ce projet il y a quelques années. Le pavillon a finalement été reconstruit par la commune de Beersel. Richard Venlet, son auteur actuel, a insisté pour qu’il soit peint en vert foncé, conformément aux esquisses de plans de l’architecte et petit-fils de Teirlinck, Jan Maes. (Kersten Geers)
Dans la publication de Richard Venlet et Sophie Nys intitulée « The Writing Terrace», la reconstruction de la dite terrasse est associée au pavillon de Mies Van de Rohe à Barcelone, par analogie d’images figurées.
La mise en parallèle de ces deux événements déclenche une lecture qui se détache du niveau local et questionne les notions de “reconstruction”, de monument, et le statut de l’auteur.